La possible étoile

Je pourrais nager dans l’espace avec mon œil vaginal.
Hypersensible étoile qui brille dans les tréfonds de mes entrailles
Ce n’est pas avec l’impatience patriarcale
que nous brûlerons le léviathan difforme et infâme étendu sur le sel de la mer.
Notre mère ignorée et atrophiée
Ce n’est pas en inversant le gangreneux pouvoir qui nous inonde que nous serons glorieuses et victorieuses. Ce n’est pas en étant comme eux que nous serons nous. Parce que j’exècre tellement ce qu’ils ont fait du monde, ce que nous avons abandonné et consenti, ce que je reproduis  trop souvent encore, que je ne peux être cette obéissante exécutante du système que je vomis.

Viens le temps du sein palpitant et volcanique, des vésuviennes muqueuses améthystes.
De notre RÉVOLUTION. Si nous ne savons pas ce que nous sommes, nous ne le deviendrons jamais.
Et ils gagneront toujours.

La règle du jeu est claire et cruelle :
Si je la suis je perds.
Si j’en invente une je progresse.
Ce n’est pas parce que le monde est dépourvu de justice et d’empathie qu’elles sont chimères. Elles sont utopiques parce que rien ne leur permet d’être, qu’elles ne sont pas utilisées.

Comment pouvons nous continuer à croire à l’impossible,
sans ne jamais essayer de le rendre possible ?

Créons ce que nous voulons et nous le deviendrons.

Non pas un féminisme d’opposition qui se limite au cadre qu’il pense combattre. Mais un féminisme humaniste. la plus incroyable pensée révolutionnaire. Celle qui peut encore tout car elle n’a jamais été. Non pas lutter contre le système mais le lâcher. Pas la destruction mais la construction d’une société qui réalise tout ce dont nous manquons.

Je sens le sang battre contre ma peau et la soulever. Je suis humide de nous. N’oublie pas l’impossible est impossible

jusqu’à ce que tu le rendes possible.

tumblr_o1n1a1Tsc71sktt22o1_1280.jpg
Louise Fishman, For There She Was, 1998

La chatte de l’univers

tumblr_ns5si0sH8h1r90377o1_500.jpg

Je recouvre les murs de N.O.U.S
Colle épaisse comme ma mouille.
je remplis le vide de N.O.U.S
Vendôme.  Même Parqué‧e‧s et contenu‧e‧s

ils ont PEUR.

Parce que le féminisme est la pensée la plus subversive. L’ultime geste novateur.
Mon corps est une perpétuelle révolution.
C’est en devenant ce que nous sommes que nous briserons l’ordre du monde qui n’est que fuite de lui-même.
Je plonge dans la chatte de l’univers.
Radicalement différent‧e‧s de l’extérieur
Nous ferons l’expérience de ce que nous sommes.
Voici encore mon corps non donné pour vous. Faites ceci en souvenir de N.O.U.S que nous ne connaissons pas. Que nous n’avons jamais connu.
lacrymale cyprine
j’ai les seins durs et gonflés de ce que nous serons. demain. Dans une heure. A l’instant.
Hier et demain.
A l’instant
où je t’ai vu j’ai saisi mon intériorité

Regard spéculaire

Je suis l’univers

entière de N.O.U.S

Les adultes sont tous des hétéro(normés) dépressifs 

J’ai la peau de mes sœurs au bout de ma langue. Leur souffrance tue et ignorée à la pointe de mes seins.

A l’intersection de nos cœurs il y a l’espoir. Encore. Toujours.

Encore envie de toi. De tes seins plus lourds que la chaleur. Nos corps humides glissent dans la nuit. Je me sens libre en caressant mes poils de chatte. Ils n’aiment pas ça. Ni encore. Ni toujours.

Les adultes sont tous des hétéros dépressifs.
Je ne serai jamais adulte.

Ça pue les adultes. C’est rance et morose. Et c’est même pas capable d’empêcher de souffrir. Ni d’aimer.
J’ai le sang de mes sœurs sur mon clitoris. Pour ne pas oublier. Ton corps me réconcilie avec le mien. je ne savais pas à quel point je pouvais être moi. Je me sens tellement libre quand je caresse mes poils de chatte.  Les adultes pensent juste que c’est dégueulasse.

Non.
Je ne serai jamais adulte.

Illustration : Nikki Peccaso 

Mouille Orageuse

Mouille orageuse. L’asphalte est une mer déshumanisée. Les yeux en bandoulière. Marche volante sur un désert d’espoirs.
L’automutilation de ne pouvoir imaginer quelque chose d’autre. Ta binarité te tuera.
En attendant elle m’étouffe et m’oppresse.
Je déverse ma mouille en torrent sur tes orbites inhabitées.
La laideur c’est de ne plus rêver.
La violence c’est la déshumanisation mondialisée.
Je vois encore la voie lactée sur les trottoirs souillés. L’injustice me lacère toujours.
Mais l’amour inonde ma mouille. Ma peau. Mes yeux. C’est l’espoir.
C’est pas dégueulasse l’espoir.
C’est la mouille orageuse d’une sublime salope.

Je ne suis plus une femme

J’arrache ma liberté avec ma langue qui nage
au creux de tes lèvres.
Tes doigts fouillent mon âme.
Ils ne connaissent pas notre existence parce qu’ils nous voient pas.

J’arrache ma liberté avec mon clitoris de gouine
et je respire dans une extase nouvelle mes
effluves de cyprine.

Pour ne plus jamais me taire.

Mon sein coule sous l’herbe. Radicalité des corps. Mon sexe ne sera jamais une prison.
Tes cheveux glissent sur mon visage. Je n’ai pas besoin d’être un homme pour te baiser et encore moins te faire jouir.

Je ne suis plus une femme.
Et je m’en réjouis.

Redemptionem Clitoridis Lesbia

Ventre infanticide.                                                                                                                                  Il fait trop noir. J’ai six ans. Et je n’ai que le souvenir amnésique de l’interdit. Abîme Vaginal.                                                                                                                                                                                                                                                                                   Non.  Je ne me rends jamais.

Barbara ne se rappelle pas car elle n’a jamais su. Ni que ses cheveux lumineux m’affolaient. Ni que sa bouche m’avalait. Ni que cette nuit là j’ai voulu la sauver. Et, Je ne me suis pas sauvée non plus.

J’ai maudit si fort mes seins que je n’ai pas vu venir. Mais ils étaient là.  Ailes coupées.     Corps non neutre. Parce que j’avais léché la Liberté, je la lècherai à nouveau.                      Non. Je ne me rends jamais.

Julie non plus ne m’a pas sauvée. Et j’ai encore le goût de sa langue dans ma bouche. Je n’attends plus que l’on me sauve.

Tes seins sont plus lourds que ma tristesse. Je me reprends là où je m’étais           abandonnée.    Entre les cuisses des femmes je  suis née à moi même. Plaisirs humides. Yeux extatiques. Clitoris sur l’autel, déesse vénérée.

Je n’ai rien connu d’aussi bon que toi.

Non.

Je ne renoncerai jamais à moi