Les adultes sont tous des hétéro(normés) dépressifs 

J’ai la peau de mes sœurs au bout de ma langue. Leur souffrance tue et ignorée à la pointe de mes seins.

A l’intersection de nos cœurs il y a l’espoir. Encore. Toujours.

Encore envie de toi. De tes seins plus lourds que la chaleur. Nos corps humides glissent dans la nuit. Je me sens libre en caressant mes poils de chatte. Ils n’aiment pas ça. Ni encore. Ni toujours.

Les adultes sont tous des hétéros dépressifs.
Je ne serai jamais adulte.

Ça pue les adultes. C’est rance et morose. Et c’est même pas capable d’empêcher de souffrir. Ni d’aimer.
J’ai le sang de mes sœurs sur mon clitoris. Pour ne pas oublier. Ton corps me réconcilie avec le mien. je ne savais pas à quel point je pouvais être moi. Je me sens tellement libre quand je caresse mes poils de chatte.  Les adultes pensent juste que c’est dégueulasse.

Non.
Je ne serai jamais adulte.

Illustration : Nikki Peccaso 

Mouille Orageuse

Mouille orageuse. L’asphalte est une mer déshumanisée. Les yeux en bandoulière. Marche volante sur un désert d’espoirs.
L’automutilation de ne pouvoir imaginer quelque chose d’autre. Ta binarité te tuera.
En attendant elle m’étouffe et m’oppresse.
Je déverse ma mouille en torrent sur tes orbites inhabitées.
La laideur c’est de ne plus rêver.
La violence c’est la déshumanisation mondialisée.
Je vois encore la voie lactée sur les trottoirs souillés. L’injustice me lacère toujours.
Mais l’amour inonde ma mouille. Ma peau. Mes yeux. C’est l’espoir.
C’est pas dégueulasse l’espoir.
C’est la mouille orageuse d’une sublime salope.

Je ne suis plus une femme

J’arrache ma liberté avec ma langue qui nage
au creux de tes lèvres.
Tes doigts fouillent mon âme.
Ils ne connaissent pas notre existence parce qu’ils nous voient pas.

J’arrache ma liberté avec mon clitoris de gouine
et je respire dans une extase nouvelle mes
effluves de cyprine.

Pour ne plus jamais me taire.

Mon sein coule sous l’herbe. Radicalité des corps. Mon sexe ne sera jamais une prison.
Tes cheveux glissent sur mon visage. Je n’ai pas besoin d’être un homme pour te baiser et encore moins te faire jouir.

Je ne suis plus une femme.
Et je m’en réjouis.

The Eye Poem Factory, Une Femme n’est pas une Femme. Oeil Vaginal

La réalité est elle juste une image ? Quelle image avons nous de nous et du monde ? Comment les saisir et les ressentir ? Plongés dans l’immédiateté nous allons vite, beaucoup trop vite. Toujours trop vite. Même si l’éternité ne dure qu’une seconde on veut toujours qu’elle dure plus. On en veut toujours plus parce qu’il n’y a plus de sens dans ce que nous voyons, ressentons, voulons, rêvons. On est devenu des stars sans fans réels, tangibles. Des fans virtuels, c’est ça notre drame. L’omniprésence des images, de la communication et l’apogée de nos solitudes, tellement mortels, nous qui ne sommes même plus des demi dieux.

Vient le temps où le regard doit voir l’invisible dans le très banal pour ne plus se consumer à chaque image de plus. La poésie nous sauvera parce qu’elle sauve toujours de la réalité qui ne rêve plus. Viens et abandonne toi le temps de l’éternité que tu veux. Ouvre ton œil caché et ne crains pas ce que tu es, ce que tu désires, ce que tu espères. Poésie. Philosophie. Cinéma.

The Eye Poem Factory recycle l’ évident en mieux. Le rêve en réalité. L’absolu en nécessité. Mes yeux en images. Mon cœur en mots. Mon sexe en respiration. Mon sang en baisers. Moi en mieux.

Eye Poem N°1 : Une Femme n’est pas une Femme, Oeil Vaginal

Une Femme n’est pas une Femme, Oeil Vaginal from delphine montera on Vimeo.

Musique : Cuidado, peligro, Eclipse. Agar Agar  : https://www.facebook.com/agaragarmusic/

 

Redemptionem Clitoridis Lesbia

Ventre infanticide.                                                                                                                                  Il fait trop noir. J’ai six ans. Et je n’ai que le souvenir amnésique de l’interdit. Abîme Vaginal.                                                                                                                                                                                                                                                                                   Non.  Je ne me rends jamais.

Barbara ne se rappelle pas car elle n’a jamais su. Ni que ses cheveux lumineux m’affolaient. Ni que sa bouche m’avalait. Ni que cette nuit là j’ai voulu la sauver. Et, Je ne me suis pas sauvée non plus.

J’ai maudit si fort mes seins que je n’ai pas vu venir. Mais ils étaient là.  Ailes coupées.     Corps non neutre. Parce que j’avais léché la Liberté, je la lècherai à nouveau.                      Non. Je ne me rends jamais.

Julie non plus ne m’a pas sauvée. Et j’ai encore le goût de sa langue dans ma bouche. Je n’attends plus que l’on me sauve.

Tes seins sont plus lourds que ma tristesse. Je me reprends là où je m’étais           abandonnée.    Entre les cuisses des femmes je  suis née à moi même. Plaisirs humides. Yeux extatiques. Clitoris sur l’autel, déesse vénérée.

Je n’ai rien connu d’aussi bon que toi.

Non.

Je ne renoncerai jamais à moi